Emenu (ou Eménu), c’est en fait M-N-U : Multi-Node Universe. Eménu est un univers virtuel pair-à-pair de partage documentaire orienté social remplaçant (avantageusement) Google, Facebook, Second Life, les systèmes de gestion électronique de documents (GED)… Son utilisation peut être liée à celle d’accessoires telles que des montres connectées et des lunettes de réalité virtuelle.

Carcer et autres libérations
Le roman Carcer a été publié en 2007. C’est le premier où Pierre Béhel introduit Eménu.

Eménu, c’est un univers virtuel imaginé par Pierre Béhel dans son roman Carcer (publié en 2007).

Dans Carcer, des participants à un jeu télévisé se retrouvent certes enfermés dans une sorte de prison mais connectés à Internet. L’une des participantes, Carole, en profite pour créer (avec des amis) un nouvel univers virtuel, Eménu.

Dans Carcer, qui se déroule plus ou moins dans le présent, l’accès à Emenu se fait par des ordinateurs de bureau via une sorte de navigateur. Les accessoires de connexion n’apparaissent que plus tard.

Les univers virtuels n’ont rien de neuf. L’originalité d’Eménu, c’est son architecture technique et sa vocation autant universelle que le web.

TIPI (Techniques, Inventions et Procédés Imaginaires)Les principes d’Eménu avaient été auparavant décrits dans un article publié sur Le Cogiteur et republié ensuite sur Chroniques21.

D’autres articles ont détaillé ensuite l’architecture d’un tel monde virtuel, comme par exemple celui-ci. Un article paru sur l’ancien blog de Pierre Béhel (en 2011) détaille le concept d’Eménu (Protection IDDN).

Eménu est également détaillé dans un deuxième ouvrage de Pierre Béhel, le TIPI (Techniques, Inventions et Procédés Imaginaires). Plusieurs articles/chapitres en expliquent divers aspects.

Apotheosis - Les hommes-dieux
La saga Apotheosis voit Eménu devenir aussi banal que l’est Internet aujourd’hui.

Eménu a aussi été réutilisé par Pierre Béhel dans la saga Apotheosis en commençant par le roman Les Dieux parmi nous (2012) et dans sa suite Ainsi meurent les dieux (2014), qui se déroulent dans un proche avenir, où Eménu est devenu un service en ligne d’une grande banalité.
Dans ces deux romans, la connexion à Emenu requiert l’usage d’accessoires tels que des montres connectées et des lunettes de réalité virtuelle.

Le recueil Apotheosis comporte une postface résumant tout ce qu’il faut savoir sur Eménu.

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Les logiciels utilisés et l’ergonomie générale

Il est précisé dans le roman Carcer que tous les logiciels sont open-source, ce qui va faciliter le développement du projet à la fin de l’histoire. L’architecture ouverte est la base de l’activité économique autour d’Eménu dans le cycle Apotheosis.
On circule dans Eménu avec une sorte de navigateur mais, au lieu de voir apparaître des pages HTML, l’internaute circule dans un univers tri-dimensionnel sous la forme d’un avatar. Cet univers comprend des objets qui peuvent interagir avec cet avatar. Les différents avatars peuvent interagir entre eux.
A première vue, pour un utilisateur lambda, rien ne distingue Eménu de beaucoup d’autres univers virtuels, ludiques (jeux massivement multijoueurs par exemple) ou non (Second Life…).
La première différence visible est la capacité à circuler entre noeuds par des portes.

Architecture générale MNU

Au contraire de tous les univers virtuels précédents, Eménu possède une architecture similaire à celle du web. C’est à dire que chaque partie de l’univers est hébergée sur un serveur quelconque et qu’elle est reliée aux autres parties de l’univers, hébergée sur le même serveur ou sur un serveur situé à l’autre bout de la planète, par des sortes de liens hyper-texte, les portes. Chaque partie de l’univers est appelée un noeud, exactement comme dans un réseau pair-à-pair car Eménu est un univers virtuel construit sur la même architecture que les réseaux d’échanges de données en pair-à-pair.
L’ensemble fonctionne grâce à la définition de normes strictes de communication entre les noeuds. C’est ainsi que les portes relient des noeuds différents de manière directe en affichant une image appropriée du noeud situé au delà de la porte, envoyée par ce second noeud.
Certains noeuds particuliers sont des routes et ne servent en fait qu’à accumuler des portes vers d’autres noeuds maisons, à la manière des portails ou des catalogues de liens sur le web. Les routes peuvent se croiser, un croisement n’étant finalement qu’une porte particulière…
Eménu étant virtuel, rien n’interdit que deux maisons très éloignées sur une route donnée soient très proches sur une autre route ou même reliées directement par une porte. Par contre, chaque porte est une liaison un-à-un non-équivoque : elle relie deux noeuds d’une certaine façon et pas d’autres noeuds ni d’autres façons.
Rien n’interdit, évidemment, de se téléporter à un endroit dont on connaît l’adresse, exactement comme il est possible de naviguer sur le web en saisissant l’adresse d’un site (une URL), sans avoir forcément à passer par une liste de liens hypertextes ou à sauter de lien en lien à partir de sa page de départ.
Les noeuds peuvent être sécurisés et ne laisser entrer que certains avatars ou bien après une autorisation. Si un noeud est éteint ou inaccessible, aucun avatar ne peut y pénétrer : le noeud a, en quelques sortes, cessé d’exister. C’est exactement la même chose qu’une Error 404 sur le web !

Les avatars

Les avatars constituent les habitants d’Eménu. Ils représentent les personnes réelles utilisant le système dans ce monde virtuel. Les données définissant un avatar sont hébergées dans le noeud de connexion de son propriétaire. Il y a donc un échange d’informations entre le noeud où entre un avatar et son noeud d’origine pour que le noeud de localisation soit en mesure d’afficher correctement cet avatar.
En cas d’expulsion de l’avatar, par exemple si le noeud où il se situe disparaît brutalement ou si un système de sécurité se met en oeuvre, l’avatar revient à son point de départ.

Les accessoires

A partir de Les dieux parmi nous, la connexion à Emenu requière des accessoires portables au lieu d’un ordinateur de bureau traditionnel. Le cerveau de la connexion est une montre. Celle-ci permet de relier l’utilisateur à son noeud, situé sur un serveur distant, chez lui ou chez un hébergeur. La taille de l’écran et le fait qu’une montre se porte au poignet implique que l’interface homme-machine s’appuie sur deux accessoires reliés par un réseau sans fil local (de type blue-tooth).
D’un côté, il s’agit d’une oreillette (ou d’une paire d’oreillettes pour écouter de la musique). Cet accessoire sert à entendre et à parler (elle comporte un microphone, comme les actuelles oreillettes de téléphones portables).
De l’autre, il s’agit de lunettes de réalité virtuelle avec détecteur de mouvement mais de la taille et de l’encombrement de lunettes de vue traditionnelles.
Les yeux voient donc un écran sur tout le champ de vision. La manipulation des objets présents se fait en bougeant les mains devant les yeux pour saisir et déplacer les objets virtuels que le porteur des lunettes voit. Lorsque l’utilisateur n’a pas besoin d’un tel écran, il range les lunettes dans sa poche et se contente du petit écran de sa montre.
Enfin, dans Ainsi meurent les dieux apparaissent des accessoires implantés (dans une logique transhumaniste), destinés prioritairement aux handicapés, comme des yeux artificiels intégrant l’accès à Emenu.

Economie d’Eménu

Eménu est un univers virtuel où les gens se rencontrent. Ils peuvent donc échanger de la même façon que dans la réalité, y compris avoir des relations économiques.
Les noeuds obéissent aux mêmes principes que les sites web. Etre bien référencé (être présent sur une route passante et à la mode) peut être monnayé. Créer un noeud peut être une prestation commerciale. De même pour un avatar.
Bien entendu, les maisons et mêmes les routes peuvent comporter des panneaux publicitaires comparables aux bannières finançant beaucoup de sites web.
Eménu est donc autant viable économiquement que le web. Et il est potentiellement aussi riche en contenus de toutes sortes ! De la même façon que sur le web, on peut y échanger ou vendre des données (y compris, par exemple, des morceaux de musique ou des films). Il peut donc y avoir des noeuds marchands comme il y a sur le web des sites marchands.
Comme pour le web, les normes techniques sont totalement ouvertes et libres d’utilisation. C’est ce qui permet de multiplier les noeuds aisément.