Eménu, c'est en fait
M-N-U : Multi-Nodes Universe.
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Eménu, c'est un univers virtuel imaginé par Pierre
Béhel dans son roman Carcer
(publié en 2007). Dans Carcer, des participants à un jeu télévisé se retrouvent certes enfermés dans une sorte de prison mais connectés à Internet. L'une des participantes, Carole, en profite pour créer (avec des amis) un nouvel univers virtuel, Eménu. Les univers virtuels n'ont rien de neuf. L'originalité d'Eménu, c'est son architecture technique et sa vocation autant universelle que le web. Les principes d'Eménu avaient été auparavant décrits dans un article publié sur Le Cogiteur. |
Il est précisé dans le roman que tous les
logiciels sont open-source, ce qui va faciliter le
développement du projet à la fin de l'histoire.
On circule dans Eménu avec une sorte de navigateur mais, au lieu de
voir apparaître des pages HTML, l'internaute circule dans un univers
tri-dimensionnel sous la forme d'un avatar. Cet univers comprend des
objets qui peuvent interagir avec cet avatar. Les différents
avatars peuvent interagir entre eux.
A première vue, pour un utilisateur lambda, rien ne
distingue Eménu de beaucoup d'autres univers virtuels, ludiques (jeux
massivement multijoueurs par exemple) ou non (Second Life...).
La première différence visible est la capacité à circuler entre "noeuds" par des "portes".
Au contraire de tous les univers virtuels précédents,
Eménu possède une architecture similaire à celle
du web. C'est à dire que chaque partie de l'univers est
hébergée sur un serveur quelconque et qu'elle est
reliée aux autres parties de l'univers, hébergée
sur le même serveur ou sur un serveur situé à
l'autre bout de la planète, par des sortes de liens hyper-texte,
les "portes". Chaque partie de l'univers est appelée un
"noeud", exactement comme dans un réseau pair-à-pair car
Eménu est un univers virtuel construit sur la même architecture
que les réseaux d'échanges de données en
pair-à-pair.
L'ensemble fonctionne grâce à la définition de
normes strictes de communication entre les noeuds. C'est ainsi que les
"portes" relient des noeuds différents de manière directe
en affichant une image appropriée du noeud situé au
delà de la porte, envoyée par ce second noeud.
Certains noeuds particuliers sont des "routes" et ne servent en fait
qu'à accumuler des portes vers d'autres noeuds "maisons",
à la manière des portails ou des catalogues de liens sur
le web. Les routes peuvent se croiser, un croisement n'étant
finalement qu'une porte particulière...
Eménu étant virtuel, rien n'interdit que deux "maisons"
très éloignées sur une route donnée soient
très proches sur une autre route ou même reliées
directement par une porte. Par contre, chaque porte est une liaison
un-à-un non-équivoque : elle relie deux noeuds d'une
certaine façon et pas d'autres noeuds ni d'autres façons.
Par contre, rien n'interdit, évidemment, de se
"téléporter" à un endroit dont on connaît
l'adresse, exactement comme il est possible de naviguer sur le web en
saisissant l'adresse d'un site (une URL), sans avoir forcément
à passer par une liste de liens hypertextes ou à sauter
de lien en lien à partir de sa page de départ.
Les noeuds peuvent être sécurisés et
ne laisser entrer que certains avatars ou bien après une
autorisation. Si un noeud est éteint ou inaccessible, aucun
avatar ne peut y pénétrer : le noeud a, en quelques
sortes, cessé d'exister. C'est exactement la même chose
qu'une "Error 404" sur le web !
Les avatars constituent les habitants d'Eménu. Ils
représentent les personnes réelles utilisant le
système dans ce monde virtuel. Les données
définissant un avatar sont hébergées dans le noeud
de connexion de son propriétaire. Il y a donc un échange
d'informations entre le noeud où entre un avatar et son noeud
d'origine pour que le noeud de localisation soit en mesure d'afficher
correctement cet avatar.
En cas d'expulsion de l'avatar, par exemple si le noeud où il se
situe disparaît brutalement ou si un système de
sécurité se met en oeuvre, l'avatar revient à son
point de départ.
Eménu est un univers virtuel où les gens se rencontrent. Ils
peuvent donc échanger de la même façon que dans la
réalité, y compris avoir des relations économiques.
Les "noeuds" obéissent aux mêmes principes que les
sites web. Etre bien référencé (être
présent sur une route passante et à la mode) peut
être monnayé. Créer un noeud peut être une
prestation commerciale. De même pour un avatar.
Bien entendu, les "maisons" et mêmes les "routes" peuvent
comporter des panneaux publicitaires comparables aux bannières
finançant beaucoup de sites web.
Eménu est donc autant viable économiquement que le web. Et il
est potentiellement aussi riche en contenus de toutes sortes ! De la
même façon que sur le web, on peut y échanger ou
vendre des données (y compris, par exemple, des morceaux de
musique ou des films). Il peut donc y avoir des "noeuds marchands"
comme il y a sur le web des "sites marchands".
Comme pour le web, les normes techniques sont totalement ouvertes et
libres d'utilisation. C'est ce qui permet de multiplier les noeuds
aisément.