Nouvelle issue du recueil Nous sommes des dieux.
La dernière pierre venait d’être posée. On la glissait de force dans son emplacement. On entendait le mortier excédentaire tomber sous forme de grosses gouttes le long du mur. Il n’y avait plus de lumière, plus la moindre.
Il était impossible, désormais, d’admirer le sarcophage doré à l’or fin qui brillait, quelques heures plus tôt, de mille feux sous le soleil de la vallée. Il contenait d’autres sarcophages, empilés les uns dans les autres. Au centre de toutes ces protections demeurait un corps embaumé. Celui qui, seul, gardait de l’importance ici. L’être qui avait usé de ce corps continuait d’exister pour l’éternité. Il avait besoin pour l’aider dans son voyage des multiples objets disposés autour de lui. Il avait aussi besoin de ses collaborateurs les plus proches et de leur amour, de leur dévotion.
On entendit les ouvriers lisser le mortier, de l’autre côté de ce mur qui avait pris la place de la porte. Ils allaient ensuite reculer jusqu’à la deuxième porte, la murer également en la rendant la plus invisible possible. Puis, ils redescendraient jusqu’à l’accès principal en se fiant à leur mémoire qu’ils ne pouvaient pas effacer, la mémoire de ceux qui avaient construit le cœur du monument. Continue reading »