Nouvelle issue du recueil Nous sommes des dieux.
L’épée trancha la tête sans être ralentie tant la force qui l’animait était grande. Son porteur poussa un cri de triomphe tandis que sa victime se vidait de son sang, déjà morte. L’humain n’avait eu aucune chance. Il était seul dans la lande glacée quand il avait rencontré ce qu’il cherchait. Il était le dernier de sa troupe. Les autres avaient été exterminés les uns après les autres.
Il aurait dû rebrousser chemin. Cette expédition était stupide. Il n’aurait pas dû même la tenter. Revenir vivant aurait constitué un miracle. Surtout en cas de succès. Et l’expédition avait découvert ceux qu’elle cherchait.
Le néphilim abattît sa lourde patte velue sur l’épée de son adversaire. Il s’en saisit par la lame sans précaution et il la jeta dans sa besace. Puis il prit la tête tranchée, tressa un lien avec les longs cheveux et l’accrocha à sa ceinture, à côté des cinq autres.
De retour chez lui, le néphilim ferait comme d’habitude : chaque tête serait plantée sur un pic, sur son présentoir. La chair se décomposerait progressivement. Au bout de quelques mois, il ne resterait que l’os. Les mouches et les vers sont des nettoyeurs très efficaces. Quant à la puanteur repoussante pour des narines humaines, elle était appréciée des néphilims. Continue reading »