Le « King Kong » de Peter Jackson est un magnifique remake.

 

« King Kong » a connu trois versions majeures à ce jour au cinéma (nous oublierons « King Kong roi de l’Atlantide » et autres « Dracula et Frankenstein contre King Kong« ). Le spectacle est cette fois réellement magnifique.
La première version date de 1933, de Merian C. Cooper, Ernest et B. Schoedsack avec Fay Wray, Robert Armstrong et Bruce Cabot. La deuxième de 1976, de John Guillermin, avec Jessica Lange et Jeff Bridges. Et voici donc la troisième, de Peter Jackson, avec Naomi Watts, Jack Black et Adrian Brody, la plus longue des trois puisqu’elle dure 03h08. Evidemment, le niveau technique est incomparable d’un film sur l’autre. La marionnette qui variait (selon les scènes) de la taille d’un gros gorille à un immeuble dans le premier film fait à peine rire aujourd’hui. Le deuxième est plus crédible. Celui de Peter Jackson a une démarche et une attitude réellement simiesques et les autres effets spéciaux (notamment la scène de la fuite des diplodocus ou les combats avec les tyranosaures) sont d’excellent niveau.
La trame générale est évidemment la même d’une version à l’autre, nous n’y reviendrons donc pas. Les personnages étaient de vrais caricatures dans le premier, un film voué au colonialisme, à la glorification de l’homme blanc face aux bêtes et aux Noirs, de la civilisation face à la sauvagerie. Le deuxième avait pris un vrai contrepied, faisant de King Kong, finalement, l’être le plus humain du film, sur fond de belle niaiserie pseudo-écologisto-altermondialiste comme on ne disait pas encore. Les deux premières versions avaient cependant en commun de se dérouler à l’époque de leur sortie : les années 30 pour le premier, les années 70 pour le deuxième.
Avec la version de Peter Jackson, nous avons affaire à une sublime synthèse. King Kong est bien un animal sauvage, pouvant donc aimer et être aimé comme n’importe quel animal, ne singeant pas l’homme mais, je l’ai dit, adoptant une attitude réellement simiesque. Mais le film se déroule dans les années trente, comme le premier et les personnages sont approfondis avec plus d’intensité encore que dans le second.
A cause de cela, des esprits chagrins pourront reprocher au film de mettre du temps à démarrer.
L’introduction est en effet l’occasion de brosser un tableau vivant du New York de la Grande Crise et, partant, des motivations, du caractère et de l’histoire de chaque personnage. Sur un film de trois heures, ne voir apparaître King Kong qu’au bout d’environ une heure n’est pas du tout gênant tant le film est bien mené.
La fin est évidemment bouleversante. Comme dit la morale d’une fable citée plusieurs fois dans le film : « la belle a tué la bête ». Mais qu’auraient dit les parents de Kong s’il s’était marié avec une humaine, blonde de surcroit ? Non, il fallait bien une fin tragique, ce qui n’exclut pas quelques étonnantes scènes de comédie.

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