Sans issue

Carcer et autres libérationsCette nouvelle complète le recueil « Carcer et autres libérations » dont le thème général est l’enfermement.

Un destin ordinaire

Carole 751312-1 marchait en rond avec une profonde excitation entre les parois métalliques de sa cellule carrée. Trois mètres de côtés, c’est certes un peu moins de deux mètres de diamètre pour tourner, à cause de la console, du coin toilette et du lit. Mais c’est suffisant pour passer ses nerfs. Depuis qu’elle avait quitté sa mère, Carole 713589-1, et cessé d’être Carole 713589-2 pour obtenir sa propre cellule et donc un numéro se terminant par 1, elle savait que son destin la mènerait un jour ou l’autre à faire le nécessaire pour qu’elle accueille dans sa cellule des enfants dont les numéros seraient « -2 » puis « -3 ». Si l’un de ses enfants est une fille, celle-ci s’appellerait Carole comme sa mère, sinon ce serait Charles. Aucun mystère. Tout est prévu.
Elle avait reçu le matin même, sur sa console, le message qu’elle attendait depuis longtemps. Au point qu’elle avait désormais du mal à se concentrer sur son travail de pilotage de l’arrosage et du drainage dans des serres d’agriculture hydroponique. Il y avait eu plusieurs alertes. La Surveillance Générale avait donc opté pour la répartition exceptionnelle de ses tâches entre d’autres détenues dès le midi, sans attendre sa mise à disposition.
Elle jetait sans cesse des regards impatients à la porte d’acier, la seule issue de sa cellule, tout en tournant. La lumière centrale, au plafond, animait une ombre très agitée sur les parois. En lire plus Sans issue

La cave

Carcer et autres libérationsCette nouvelle complète le recueil « Carcer et autres libérations » dont le thème général est l’enfermement.

17 août 2007

Carole avait les mains dans les poches de son manteau. Elle attendait, le regard dans le vide, sur un quai de la gare. Le premier train de la journée pour la capitale était attendu avec quelques minutes de retard. Enfin, les haut-parleurs lancèrent l’annonce de l’entrée en gare de l’express.
Quant le train fut immobilisé, l’homme qui était à côté de Carole lui donna son billet pour la capitale, le plaçant dans une poche intérieure du manteau, et lui souffla simplement à l’oreille : « vas-y. Assieds toi à l’une des places que tu vois de libre, ici, dans ce wagon. »

Carole monta dans le train en utilisant la porte juste en face d’elle. Elle marcha sans vraiment regarder où elle allait. Elle s’assit sagement sur la première banquette, à gauche de la porte : les deux places étaient libres. Son regard n’allait nulle part, simplement vers un endroit du côté de la banquette devant elle. L’homme était resté sur le quai jusqu’à la fermeture des portes du train. Quand le dernier wagon eut quitté la gare, il sourit, retira ses gants et rejoignit sa camionnette stationnée à quelques dizaines de mètres de là puis il démarra.
Dans cette petite gare de province, peu de gens montaient ou descendaient du train mais cela ne justifiait pas que quiconque examine de trop près cette jeune femme qui s’était simplement installée dans un wagon ordinaire comme n’importe quel passager, ou bien son accompagnateur. En lire plus La cave

Carcer et autres libérations

Carcer et autres libérationsRoman suivi de nouvelles – Carcer, c’est un nouveau jeu de télé-réalité qui vient d’être lancé. Le cadre du jeu, particulièrement pervers, est ici une prison. Mais ses créateurs vont se retrouver dépassés par ce qu’ils ont mis en branle.

Trois autres nouvelles sont jointes à ce recueil, sur le thème de la liberté et de l’enfermement : Une dernière semaine auprès de la mer, La cave et Sans issue.

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Une dernière semaine auprès de la mer

Carcer et autres libérationsCette nouvelle complète le recueil Carcer et autres libérations dont le thème général est l’enfermement.

Les mouettes

Carole respira un grand coup. L’air iodé chargé de quelques embruns lui gonfla les poumons. Elle regarda en bas des falaises et, par réflexe, s’éloigna de quelques pas. Réalisant à quel point ce réflexe était, dans sa situation, imbécile, elle sourit.
Elle ne riait plus depuis longtemps, tout au plus souriait-elle. Alors, elle sourit.

Sa destination n’était plus très loin, un peu à l’écart du village où elle avait passé la nuit dernière, en débarquant de l’autocar. Elle avait dormi tard, épuisée, même si les mouettes criaient depuis le petit matin. S’endormir avait été difficile, il est vrai.
Venir jusqu’ici était long et compliqué, avec de nombreux changements dans les transports en commun, même si ce n’était pas particulièrement coûteux. Il était interdit de venir en véhicule personnel dans l’établissement où elle se rendait.
La difficulté pour venir était voulue. L’éloignement de toute habitation une exigence des populations environnantes. C’était partout pareil là où l’on installait ce genre d’établissements. En lire plus Une dernière semaine auprès de la mer