Rock’N Roll, de Guillaume Canet, avec lui-même et Marion Cotillard, réussit le dangereux pari de l’auto-dérision. Chaque acteur joue ici son propre rôle pour raconter une étape terrible dans la vie d’un comédien : quand il a le sentiment d’être has been, fini, bref, vieux.
Quand Camille Rowe explique à Guillaume Canet qu’il n’est plus un jeune acteur faisant fantasmer les jeunes filles, il tombe dans une sorte de délire qui va retomber sur sa vie professionnelle comme intime avec Marion Cotillard.

Le jeu est dangereux. L’auto-dérision peut vite se refermer comme un piège sur qui en use et abuse. Mais Guillaume Canet réussit là un coup de maître. Les gags s’enchainent avec classe et efficacité. La salle rit du début à la fin. A côté des amis venus tous s’amuser, à commencer par le bon copain habituel, Gilles Lellouche, et l’extraordinaire caméo de Johnny Hallyday et Laetitia, les vraies prouesses s’enchaînent.
Ainsi Lambert Wilson a désormais une rivale en la personne de Marion Cotillard : son interprétation de Céline Dion marquera sans doute autant l’histoire du cinéma que celle de Lambert Wilson dans Sur la piste du Marsupilami. La pauvre Marion Cotillard passe, il est vrai, la moitié du film à parler québécois pour se préparer à un rôle.
Et pour que la sauce prenne, la réalisation est clairement à la hauteur. Le moindre jeu sur les angles de caméras est parfaitement soigné, assurant de ce fait des transitions sans accroc entre plans de réalité et de fantasme, indispensables pour le bon fonctionnement des gags.
Au final, un seul qualificatif vient à l’esprit pour résumer tout cela : jouissif.

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