Imaginons un avenir à la guerre russo-ukrainienne

Les derniers seront les premiers

Je suis un auteur de fiction, ni un spécialiste de géopolitique, ni un stratège militaire, ni un historien même si l’histoire me passionne. Mais je vis au XXIème siècle en France et je constate donc ce qui arrive autour de moi, y compris la guerre russo-ukrainienne. Cette actualité m’inspire et me donne envie d’imaginer la suite.

Après tout, dans Les derniers seront les premiers, mon recueil de nouvelles uchroniques, j’ai imaginé les conséquences de changements dans l’histoire. Je suis évidemment incapable de changer effectivement l’Histoire. Mais, par le présent petit exercice d’imagination, je vais essayer d’aborder la crise actuelle en tant qu’auteur de fiction. Comment est-ce que je verrai la suite de cette affaire si je l’avais créée dans l’un de mes romans ? Bien entendu, je me devrai d’expliquer mes choix. Peut-être que le récit que je vais faire sera uchronique, peut-être pas.

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Le temps manipulé

Le temps perdu ne l'est pas pour tout le monde

La manipulation du temps est un très grand classique de la science-fiction, souvent comme prétexte à des réflexions philosophiques ou morales. Je l’ai moi aussi fait dans le recueil de nouvelles ‘Le temps perdu ne l’est pas pour tout le monde« . Mais la science-fiction ou le fantastique ne sont pas le seul endroit où l’on manipule le temps. On trouve cette manipulation du temps aussi dans des discours politiques mais c’est alors moins explicite ou, en tous cas, moins revendiqué.

Avant mon propre recueil de nouvelles ‘Le temps perdu ne l’est pas pour tout le monde« , il faut parler de deux textes fondateurs de la science-fiction : La Machine à explorer le temps (titre original : The Time Machine), de H. G. Wells, publié en 1895, et Le voyageur imprudent, de René Barjavel, paru en 1944 et introduisant pour la première fois le « paradoxe du grand-père » (si un homme remonte le temps pour tuer son ancêtre, il n’est pas né, donc n’a pas pu le tuer, donc il est né, donc il l’a tué…).

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Molière : un producteur avant d’être un auteur

Molière, Molière, Molière… Le Français est « la langue de Molière ». Il est le dieu de notre culture. Exactement comme Shakespeare chez nos meilleurs ennemis les Anglais. Molière et Shakespeare sont tous les deux des directeurs de troupes de théâtre ayant, comme c’est souvent le cas à l’époque, signé les pièces jouées par les dites troupes.

400 ans après la naissance de Molière, il est opportun de se rappeler que, à l’époque, le droit d’auteur n’existe pas. Il apparaîtra avec Beaumarchais, un siècle après la mort de l’auteur favori de Louis XIV. Et cela n’est pas anecdotique : le droit d’auteur est récent dans notre histoire économique et les artistes ont dû s’arranger autrement durant des millénaires.

Cela a une conséquence majeure pour tous les auteurs anciens, Molière et Shakespeare bien sûr, mais aussi bien plus anciens, tels que Homère.

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21 janvier 1793 : le roi est mort, à mort les rois

Il existait un rituel fondamental dans la monarchie française de l’Ancien Régime : à la mort du roi, il était proclamé « le roi est mort, vive le roi ». En effet, dès qu’un roi décédait, son successeur devenait roi immédiatement sans qu’il ait son mot à dire (principe d’indisponibilité de la Couronne) et sans que quiconque ne soit légitime (normalement) à le contester. Le sacre était juste une opération formalisant la prise de pouvoir du nouveau roi, sacre qui pouvait avoir lieu plusieurs années plus tard (notamment dans le cas d’une régence pour minorité). On notera au passage qu’un roi reconnu comme tel n’eut pas le temps d’être sacré : Jean 1er le Posthume. Il est pourtant dans la liste des souverains et il y eut ensuite un Jean II (pas de Jean III car les rois devaient être superstitieux et deux fois le prénom Jean porta malheur, point de troisième !).

Le 21 janvier 1793, la mécanique bien rodée ne put avoir lieu. Ce jour là, Louis XVI fut exécuté. La France était une République depuis le 22 septembre 1792. Point de nouveau roi, d’autant plus que le Dauphin (fil aîné de Louis XVI et héritier du trône) était lui-même prisonnier de la République. La République voulait même abolir la monarchie universellement. On aurait donc pu crier : « le roi est mort, à mort les rois ».

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Mexico-Tenochtitlan : 500ème anniversaire de la chute

Le 13 août 1521, il y a exactement 500 ans, 200 000 guerriers Tlaxcaltèques et une poignée de soldats espagnols (quelques centaines) ont pris la ville de Mexico-Tenochtitlan, anéantissant du même coup l’empire aztèque. Le dernier empereur, Cuauhtémoc, était capturé et torturé pour révéler où était le trésor royal. Il sera pendu quelques temps plus tard.

Précisons aux superstitieux que si le 13 août 2021 est un vendredi, le 13 août 1521 était un mardi.

C’est une bonne occasion pour rappeler que l’histoire des Amériques est bien plus complexe que l’image qu’en ont beaucoup de gens. Les Aztèques étaient des conquérants ayant établi un empire assez récent, leur capitale ayant été fondée vers 1300 de l’ère chrétienne. Exactement comme pour les Incas un peu plus tard, ce sont les peuples récemment soumis qui ont renversé ces puissances impérialistes. Les Espagnols ont profité de l’aubaine et joué un rôle d’instigateur et d’appuis avec leurs chevaux, leurs chariots, leurs épées et leurs fusils (les peuples locaux ignoraient la roue, la poudre, le métal et la monte).

Si je n’ai jamais visité Mexico, je me suis rendu une fois au Mexique. Mon récit de voyage et mes photos se retrouvent ici.

2001, 20 ans (ou 53 ans) après

En 1968 sont sortis d’abord le film puis le roman 2001, l’Odyssée de l’espace (2001: A Space Odyssey). Basée sur plusieurs nouvelles d’Arthur C. Clark, l’histoire aborde de nombreux thèmes classiques de la science-fiction : l’origine de l’humanité, l’intelligence artificielle hostile, les extra-terrestres ultra-évolués, le voyage spatial… Le film de Stanley Kubrick a également marqué l’histoire du cinéma malgré de très graves défauts qui en font un film profondément ennuyeux bien que magnifique.

Comme le titre l’indique, l’essentiel de l’histoire se déroule en 2001.

Vingt ans après cette date, il est intéressant de regarder comment, il y a cinquante-trois ans, on imaginait notre époque.

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18 juin 1940 : naissance d’un mythe national

Le 18 juin 1940, le sous-secrétaire d’Etat à la Défense de l’avant-dernier gouvernement de la Troisième République française, le colonel et général à titre provisoire Charles De Gaulle, a lancé un appel à résister à l’invasion allemande du territoire national sur les ondes de la BBC. Cet appel a constitué un refus de reconnaître l’autorité de son ancien mentor (avec qui il était déjà fâché), le maréchal Philippe Pétain, nommé président du conseil et, de ce fait, dernier chef du gouvernement de la Troisième République puisqu’il pilota l’abolition de cette même république le 10 juillet 1940.

Juridiquement, la France était dirigée par Philippe Pétain et les ordres de son gouvernement étaient ceux de l’autorité constituée. L’acte de De Gaulle constituait donc une trahison et il fut à ce titre condamné à mort par un tribunal militaire le 2 août 1940. Pour se justifier, De Gaulle évoqua la trahison des responsables de Vichy, ce qui est une opinion morale mais pas une réalité juridique. Opinion morale et réalité juridique ne se rejoignirent qu’avec la prise du pouvoir par De Gaulle.

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Cinq-Mars : ne perdez pas la tête !

Nous sommes le cinq mars. C’est une bonne date pour parler d’un individu qui perdit la tête pour l’avoir vue trop enfler : Henri Coëffier de Ruzé d’Effiat, marquis de Cinq-Mars.

Ce personnage m’a toujours à la fois fasciné et amusé. J’admets que son nom ridicule a été un facteur pour mon intérêt.

Mais Cinq-Mars est surtout l’archétype du jeune crétin prétentieux, de l’arriviste raté. Tellement raté qu’il va être condamné à mort et exécuté.

Revenons sur cet individu. Issu d’une noblesse de niveau raisonnable mais sans plus, il est protégé par Armand Jean du Plessis de Richelieu, dit Cardinal de Richelieu, qui était ami de son père. Pour des raisons de basse politique, le cardinal introduit son jeune protégé auprès du Roi et Cinq-Mars devient ainsi le favori de Louis XIII.

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Minitel, Internet et Emenu : de la hiérarchie au pair-à-pair

Apotheosis - Les hommes-dieux

Il est de bon ton, parmi certains, et à l’image de quelques anglo-saxons ignorants, de se moquer du Minitel pour glorifier Internet. Moi qui ai imaginé Emenu, je vais vous expliquer pourquoi ces moqueries sont inadéquates. Je vais en profiter pour vous reparler d’Emenu, le « successeur d’Internet » (ou plutôt du web), que l’on retrouve dans plusieurs de mes romans, principalement Carcer et Apotheosis.

Pour cela, il va falloir commencer par le début et expliciter la notion de « couches ». Cela évitera de confondre Minitel et Transpac, Web et Internet, etc. Puisque l’on parle d’ « autoroutes de l’information », il est assez courant de prendre une image routière. L’objectif est d’aller d’un point A à un point B. Pour cela on va utiliser des routes ou bien des chemins de fer sur lesquels vont rouler des véhicules.

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Inimaginable innovation de rupture

Les belles histoires de Tonton Pierre

L’autre jour, j’ai pris la machine à voyager dans le temps de mon ami Herbert-George Wells pour aller rencontrer Victor Hugo, homme que j’admire beaucoup. Et je lui ai raconté qu’il m’était arrivé plusieurs fois d’aller de Paris à Marseille (et retour) en trois heures. Mais Victor Hugo m’a dit que c’était absolument impossible. En effet, un cheval n’est capable d’aller, au maximum, qu’à 88 km/h et cela très peu de temps. Pour aller de Paris à Marseille à toute vitesse, il faudrait donc multiplier les postes de changements de chevaux. « Et même si vous mettiez 50 chevaux à votre carrosse, vous n’iriez pas plus vite » a-t-il ajouté. [Note : il m’a été fait la remarque que Victor Hugo était un mauvais exemple car il est mort bien après la mise en service du train Paris-Lyon-Marseille. On dira donc que c’est une licence poétique.]

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