Si vous êtes un homme, ne faites jamais rire une femme.
Ne faites JAMAIS rire une femme.
Jamais.
En effet, la sagesse populaire (un proverbe) nous enseigne : « une femme qui rit est à moitié dans ton lit. »

C’est la sagesse populaire. Donc c’est vrai.
Très bien.

Donc, vous faites rire une femme. Vous n’avez pas tenu compte de mes avertissements parce que vous êtes un homme, un vrai, un viril, un poilu, que vous n’allez pas, comme ça, suivre n’importe quel conseil qui vous tombe dessus. D’accord.

Donc, vous faites rire une femme.
Et la voilà à moitié dans votre lit.

Imaginez bien la scène.

Vous êtes dans votre lit, allongé, languissant, fou de désir voire fou d’amour pour la donzelle que vous avez fait rire. Et la voilà, là, à moitié dans votre lit.

Est-ce que vous imaginez à quel point c’est désagréable d’être à moitié dans un lit ? Imaginez-vous bien la scène ? Est-ce que vous voyez bien cette pauvre femme, là, à moitié dans votre lit ?
Donc, elle a une fesse dedans, une fesse dehors.
Vous, ça va. Vous êtes tranquille dans votre lit et vous attendez.
Ben oui, vous ne pouvez pas aider cette pauvre femme en détresse. Elle a son libre arbitre. Vous ne pouvez pas la prendre par le bras et la tirer… Enfin, vous me comprenez. Vous voudriez bien la… Enfin, non, vous ne pouvez pas. C’est tout.

Donc, elle est à moitié dans votre lit.

Avez-vous réfléchi aux conséquences ?

Si elle est à moitié dans votre lit, elle est donc aussi à moitié en dehors de votre lit. Et c’est bien là le problème.

Parce que la moitié qui est en dehors du lit ne pense qu’à une seule et unique chose : y rester. Comme cette moitié n’est pas dans votre lit, elle est en dehors. Et elle y est soumise à la gravité.

Donc, comme ça, vous n’avez rien voulu écouter, vous avez fait rire une femme. Et la voilà à moitié dans votre lit. Donc la moitié en dehors de votre lit. Et là, c’est le drame.

Car cette pauvre femme tombe, nécessairement. C’est physique. Et la partie qui était dans votre lit suit évidemment celle qui était dehors et tombe avec. Donc vous perdez tout.

Nous oublierons le cas, très improbable, où vous auriez eu le temps de la découper en deux parties égales, par exemple à la tronçonneuse, juste après l’avoir fait rire. Comme ça, au moins, la partie qui était dans votre lit, séparée de celle qui tombe, peut y rester. Mais on remarquera qu’il est tout de même très compliqué de faire rire une femme tout en tenant une tronçonneuse en mains. La sagesse populaire indique que c’est une femme qui rit qui à moitié dans votre lit, pas une femme terrorisée par un dingue qui porte une tronçonneuse dans le but évident de la couper en deux parties égales dont une est destinée à rester dans le lit tandis que l’autre s’effondrera comme un étron sur le tapis.

Vous me direz : il suffit de recommencer à la faire rire. Mais l’autre moitié cette fois. Comme ça les deux moitiés seront dans le lit et le problème est réglé. Mais non. Ne rêvez pas. La donzelle ne va pas rire d’une moitié et ensuite accepter de rire de l’autre moitié. Vous n’aurez bien qu’une seule moitié dans votre lit.
Du moins, vous n’aurez bien qu’une seule moitié dans votre lit un court instant.
Donc la femme que vous avez eu l’imprudence de faire rire tombe.

Elle tombe sur le tapis, la moquette, le plancher, bref, sur ce qu’il y a à côté de votre lit.
Quoique ce soit, c’est dur.

Et là, donc, vous avez fait rire une femme qui se casse la figure sur un sol dur. Elle va se faire mal, vous pensez bien. Voire même, peut-être va-t-elle se fracturer le coccyx. Cela arrive quand on tombe d’un lit.
Est-ce que vous vous rendez compte à quel point ça fait mal une fracture du coccyx ? On en peut pas plâtrer. Et ça dure des semaines. La seule solution, ce sont les calmants. Et, croyez-moi, des calmants, ça tue l’amour. Ca coupe toute libido.

Et, surtout, vous pensez bien que la femme dont nous parlons depuis tout à l’heure va un peu en vouloir à celui qui est responsable de sa fracture du coccyx. Ca restera jusqu’à la fin de ses jours son pire souvenir. Il n’y a rien de pire qu’une fracture du coccyx. Ceux qui n’en sont pas persuadés sont juste ceux qui ne savent pas ce qu’est le coccyx. C’est un petit os, en bas de la colonne vertébrale. C’est ce qui reste chez l’homme (et la femme) de la queue que nous avons perdue (surtout la femme). Quand on leur dit la queue perdue, cassée, brisée, là, tout de suite, les hommes poilus, virils et tout commencent à comprendre la douleur de cette femme.

Et cette femme dont vous avez, par votre imprudence, brisé le coccyx, va vous en vouloir à mort jusqu’à la fin des temps. Jamais elle n’acceptera de rentrer en totalité dans votre lit. C’est foutu.

Donc ne faites jamais rire une femme. JAMAIS.

Mais si, malgré tout, vous vous y risquez, pensez, au préalable, à mettre des coussins autour de votre lit. Et puis, après tout, a-t-on besoin d’un lit ? Maintenant qu’elle est par terre, les quatre fers en l’air…