Du 15 au 18 mars 2019 se tient l’édition annuelle du Salon du Livre de Paris, rebaptisé depuis quelques années Livre Paris. Je n’y vais pas pour rencontrer des auteurs, obtenir des dédicaces ou autres choses de ce genre.

Je vais surtout y goûter le vent du moment et y découvrir des nouveautés techniques ou marketing. Cette année, j’ai eu encore quelques belles découvertes. Photos en haute définition

Commençons par le banal. Les stands d’éditeurs sont nombreux, du plus petit au plus grand.
Notons tout de même un nombre de plus en plus important au fil des années de petits stands d’auteurs indépendants ou de micro-éditeurs. J’ai même vu des stands partagés entre un micro-éditeur et des indépendants.
J’ai aussi découvert une communauté d’auteurs indépendants ayant pris un stand commun, comme je pouvais le faire avec mes camarades de La Forêt Magique sur certains salons : Indylicious.

Certains stands sont réellement magnifiques. Et, comme toujours, à côté des éditeurs de grande diffusion, on trouve des beaux livres. Bon, jusqu’ici, c’est banal.
Passons aux choses sérieuses.

J’ai eu le plaisir de retrouver Incarnatis et son concept de livre augmenté. L’univers continue de s’accroître : de nouveaux tomes, toujours enrichis avec de la musique ou de la vidéo accessibles par QR codes, mais aussi un mini-jeu en réalité augmenté, un jeu de rôles, etc. Les musiques des livres sont également disponibles en CD. De toute évidence, le concept fonctionne commercialement, dans un univers d’heroic-fantasy.

J’ai passé un bon quart d’heure sur le stand d’un de mes prestataires habituels, The Book Edition, à discuter avec l’un des responsables sur des considérations très techniques. Nous avons ainsi parlé d’impression couleur. Je pense, de ce fait, bientôt refaire un essais de livre-photos.
Mais la chose la plus impressionnante est encore en cours de lancement. Il s’agit de la possibilité, en impression à la demande, de réaliser du vernis sélectif et de l’impression relief brillante en or, argent et grenat. J’ai tâté des tests de vernis permettant d’imiter, sur une image de serpent ou une autre de tortue, des écailles réalistes. Concrètement, la prestation suppose la création d’une couverture manuelle par The Book Edition, ce qui implique un coût fixe (de l’ordre de 70 euros dans le cas ordinaire, selon la complexité de la demande). Il y a également un surcoût à l’impression de l’ordre de 1 à 2 euros par exemplaire, là encore selon la complexité et la taille de la couverture.

Alors que j’ai appris le jour même le redressement judiciaire d’une start-up qui aurait pu être prometteuse, Orséry, découverte au Salon en 2017, j’ai vu une autre nouveauté intéressante. Start-up labellisée French Tech, il s’agit de Yoteq. Cette société propose aux centres commerciaux, gares, magasins culturels, etc. des mâts-distributeurs de livres. L’objet lui-même est soigné, les livres sont distribués par un tiroir et pas tombant comme une vulgaire canette de soda. Les livres peuvent être choisis sur place, sur catalogue, mais aussi achetés à distance et retirés sur place en mode clic-and-collect. Le mât permet aussi un marché de l’occasion : on peut y revendre des livres achetés sur place. Bien entendu, l’objet est potentiellement accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

A côté de la morosité d’un marché, des peurs des acteurs traditionnels (éditeurs, libraires…), force est donc de constater que le livre n’est pas mort. C’est juste la poursuite d’une révolution numérique.

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